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ALLOCUTION PRESIDENTIELLE

Allocution de SEM. IDRISS DEBY ITNO, Président de la République, Chef de l’Etat a l’occasion de la rencontre avec les Chefs de Partis politiques suite à la dernière agression soudanaise.

Allocution de SEM. IDRISS DEBY ITNO, Président de la République, Chef de l’Etat a l’occasion de la rencontre avec les Chefs de Partis politiques suite à la dernière agression soudanaise.

En déplacement aux Etats-Unis d’Amérique, le Ministre des Relations Extérieures, SEM. Moussa Faki Mahamat, a été reçu en audience, ce mercredi 15 juillet, par la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

En déplacement aux Etats-Unis d’Amérique, le Ministre des Relations Extérieures, SEM. Moussa Faki Mahamat, a été reçu en audience, ce mercredi 15 juillet, par la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

Déclaration de SEM. Moussa Faki Mahamat devant la 36ème Session de la Conférence des Ministres des Affaires Etrangères de l’Organisation de la Conférence Islamique, (OCI).

Déclaration de SEM. Moussa Faki Mahamat devant la 36ème Session de la Conférence des Ministres des Affaires Etrangères de l’Organisation de la Conférence Islamique, (OCI).

Doha - Qatar

Accord de Doha : Le Tchad et le Soudan ont signé, ce dimanche à Doha, un accord de paix. Selon cet accord, conclu sous les auspices de l'émir du Qatar, du leader libyen Mouammar Kadhafi et de l'Union africaine, les deux pays s'engagent à ne pas ...

Accord de Doha : Le Tchad et le Soudan ont signé, ce dimanche à Doha, un accord de paix. Selon cet accord, conclu sous les auspices de l'émir du Qatar, du leader libyen Mouammar Kadhafi et de l'Union africaine, les deux pays s'engagent à ne pas ...

Conseil de Sécurité : Intervention de S.E.M. ALLAM-MI Ahmad, Représentant Permanent de la République du Tchad auprès des Nations Unies, suite à l’incursion au Tchad des colonnes armées en provenance du Soudan.



Conseil de Sécurité : Intervention de S.E.M. ALLAM-MI Ahmad, Représentant Permanent de la République du Tchad auprès des Nations Unies, suite à l’incursion au Tchad des colonnes armées en provenance du Soudan.

Monsieur le Président du Conseil ; Mesdames Messieurs les Représentants des Etats membres du Conseil ; Mesdames et Messieurs, Monsieur le Président, Je voudrais tout d’abord vous exprimer, Monsieur le Président, mes félicitations pour votre accession à la Présidence du Conseil pour le mois de Mai. Je voudrais également saluer le Secrétariat et l’assurer que son rapport a retenu toute notre attention.

Monsieur le Président, J’arrive de Doha où j’ai encore une fois eu la naïveté d’espérer que le régime de Khartoum aurait décidé de mettre un terme à ses agressions contre mon pays, voire à ses menées subversives pour contrecarrer notre politique de consolidation de l’Etat de droit et de Démocratie. J’ai effectivement espéré un moment que se sera la fin de ces menées ayant pour objectif de renverser les institutions légitimes du pays et de mettre en place à N’Djamena un pouvoir à la dévotion de Khartoum ; Khartoum qui espère aussi bénéficier de la complicité d’un tel pouvoir pour continuer impunément ses crimes contre l’humanité au Darfour.

Toutefois, lors de la Conférence de presse qui a suivi la signature de l’Accord un léger doute a traversé mon esprit sur la bonne foi de Khartoum. En effet, à une question sur la présence des forces subversives en territoire soudanais, le Ministre soudanais a voulu faire croire que les combattants du Mouvement pour la Justice et l’Egalité (JEM) seraient basés au Tchad en donnant comme exemple la présence à N’Djamena du Dr Khalil, le Président de ce mouvement. Pourtant, c’est avec l’accord du Soudan que nous avons facilité une rencontre entre l’émissaire d’un grand pays et le Dr Khalil du JEM. Cet émissaire usait de ses bons offices pour la reprise des pourparlers inter-soudanais de DOHA en vue d’un Cessez le feu et d’un règlement politique de la crise du Darfour. Il est parvenu à convaincre le JEM à dépêcher une délégation à Doha. Avons-nous commis un crime pour avoir joué notre rôle de facilitateur ?

L’attitude de Khartoum ne nous surprend pas au regard du passé. Des accords de paix ont été signés au niveau des Chefs d’Etat: d’abord en Libye, à Tripoli, le 8 février 2006, en Arabie Saoudite, à Riyad, le 3 mai 2007 et au Sénégal, à Dakar, le 13 mars 2008 ; sans compter les multiples communiqués faits dans le cadre d’initiatives de Paix des pays de la sous région ou de l’Union Africaine sous les auspices du frère Guide Mouammar El Kadhafi. Une fois la rencontre terminée, l’accord signé, à peine l’encre des signatures séchées, soit immédiatement après, soit quelques jours ou quelques semaines plus tard, nous sommes agressés par des Forces venues du Soudan.

En somme, en dépit de tous ces accords, si la situation s’est empirée, c’est qu’il y’a quelque part mauvaise volonté et mauvaise foi. On a tendance à dire que c’est la faute des deux pays. Ce qui nous semble déplacé. Comment mettre sur le même pied d’égalité celui qui a commencé la Guerre, c'est-à-dire l’agresseur, avec celui qui se défend, voire la victime.

Nous sommes les victimes d’une machination machiavélique du régime de Khartoum, alors que nous n’avons eu de cesse d’œuvrer pour la Paix au Darfour. Mais Khartoum nous a accusé injustement d’être derrière sa rébellion du Darfour et a monté une grosse machine de Guerre pour déstabiliser notre pays. Les preuves existent. Nous avons eu à démontrer que dés le début de l’année 2005, le Soudan a procédé au recrutement, à l’équipement et à la formation sur des bases tribales d’une Force subversive contre le Tchad. Il s’agit de combattants soudanais, tchadiens et binationaux dont le seul programme est de renverser les institutions légitimes du Pays. Il a mis à la disposition de cette force des véhicules Toyota militaires, des armes lourdes, des stocks de matériels, des vivres du carburant. Aussi, il n’a cessé de chercher à fédérer toutes ces composantes tribales en un front commun et a mis à leur disposition plusieurs camps d’entraînement militaire au Darfour. En outre, le régime de Khartoum a applaudi les désertions de quelques éléments de l’Armée Nationale Tchadienne (ANT) en octobre 2005 et les défections de certains cadres en décembre 2005. Ces militaires et ces cadres ont été récupérés par Khartoum qui les a mis à la tête de sa machine de Guerre pour camoufler ses agressions en une affaire Tchado-tchadienne.

Monsieur le Président, En effet, cette Force subversive entre en action le 26 septembre 2005 en attaquant la localité tchadienne de Moudeina. Deux attaques d’envergure ont été perpétrées à ADRE le 18 décembre 2005. Cette double attaque d’Adré, sera suivie d’une vaste offensive contre plusieurs garnisons militaires tchadiennes de l’Est du Tchad et un camp de réfugiés soudanais en territoire tchadien. Mais les attaques les plus spectaculaires ont été celles du 13 avril 2006 et du 2 Février 2008, opérées à N’Djaména traduisant la volonté de Khartoum de renverser les Institutions.

Mesdames et Messieurs les Représentants des Etats Membres du Conseil, Au regard de ce qui se passe à l’Est de mon pays, Vous conviendrez avec moi que j’avais raison de vous dire dans mes précédentes communications, que l’Etat de droit et de démocratie que nous comptons consolider au Tchad passe nécessairement par la stabilité et la paix dans le pays, au détriment des stratégies obscures des groupes de mercenaires armés à la solde du Soudan. Que l’instauration d’une Paix durable au Tchad passe aussi et surtout par la consolidation de l’Etat de doit démocratique que connait le pays par une mise en œuvre effective des dispositions de l’accord politique du 13 aout 2007. Et aussi qu’il revient à ceux que sont qualifiés improprement «d’oppositions armées » de renoncer au recours à la Force et regagner le pays dans le respect de l’accord de Syrte du 25 Octobre 2007, au lieu de le renier sous le prétexte qu’il serait caduc. Que ces fameuses oppositions auront ainsi apporté leur contribution en vue de la consolidation de l’Etat de droit démocratique pour laquelle nous attendons d’elles un réel engagement par leur adhésion à l’accord politique du 13 août 2007. Mais je soulignais également avec raison qu’il ne faudrait pas trop rêver lorsque nous savons qu’ils ne sont pas libres de choisir cette voie qui s’oppose aux desseins machiavéliques de leur commanditaire.

En dépit de l’accord de DOHA, le Commanditaire leur a donné l’ordre de pénétrer au Tchad et son armée les appuie pour agresser le Tchad. Souvenez vous que je soulignais leur présence au Soudan et que conformément à l’accord de Syrte du 25 Octobre 2007, ils devaient être désarmés et regroupés là où ils stationnaient. C’est pourquoi, devant le Conseil, nous nous sommes félicités et dit réconfortés dans notre appréciation par le dernier rapport du Secrétaire Général lorsqu’il souligne en son point 13 que les obligés de Khartoum « ont continué à se renforcer dans le Darfour-Ouest près d’EL Geneina ».

Par la même occasion, j’avais réitéré notre engagement à respecter les dispositions de tous les accords de paix qui nous lient au Soudan, de celui de Tripoli à celui de Dakar, en passant par celui de Ryad. Et j’avais conclu en vous faisant part de notre espoir que les pourparlers de paix tchado-soudanais prévus à Doha, au Qatar, ouvrirons la voie à une véritable normalisation de nos relations.

Monsieur le Président, Le 5 mai, le Gouvernement de la République du Tchad rappelait qu’il s’est félicité de la signature à Doha (Qatar) d’un accord de normalisation des relations avec le Soudan. Un énième accord, comme l’ont ironiquement souligné des observateurs avertis. Confiant en l’engagement des pays médiateurs et en la volonté exprimée d’appliquer les dispositions de tous les accords antérieurs, le Gouvernement de la République du Tchad soulignait qu’il espérait que cette fois serait la bonne pour un retour de la paix et de la confiance entre les deux pays.

Malheureusement, le Gouvernement tchadien faisait l’amer constat que le régime de Khartoum n’a changé ni ses intentions, ni sa stratégie. Et qu’il s’avère, qu’en signant l’accord de Doha, le régime de Khartoum a agi avec la même duplicité qu’il l’a fait avec les accords précédents. Alors que l’encre de l’accord de Doha n’a même pas séché, le Gouvernement tchadien dénonçait l’attitude agressive du régime de Khartoum qui a lancé plusieurs colonnes armées à bord de 350 véhicules contre notre pays. Celles-ci ont été défaite , mais nous n’excluons pas que Khartoum réédite son agression. En déclenchant cette agression programmée contre le Tchad, pour le Gouvernement tchadien le régime soudanais vient de renier la signature qu’il a apposée à Doha.

Par sa déclaration, le Gouvernement de la République du Tchad prend à témoin la communauté internationale de la mauvaise foi du régime de Khartoum et lui demande de prendre toutes les mesures utiles qui s’imposent pour aider le Tchad à préserver sa stabilité, son intégrité et la sécurité de ses populations martyres.

Monsieur le Président, Aussi voudrais-je souligner que, sur instruction de mon Gouvernement, j’ai saisi le Conseil de sécurité pour qu’il se réunisse de toute urgence et examine la nouvelle agression perpétrée par le Soudan contre mon pays.

Il n’est plus un secret pour aucun membre du Conseil de Sécurité que la force fantoche, créée, armée, équipée et encadrée par les soldats soudanais, appuyée par les tristement célèbre milices Djandjawids n’a cessé d’agresser mon pays. Je le disais, le dernier rapport du Secrétaire Général signalait la présence de cette force dans la région d’EL GINEINA. La médiation Tchad Soudan ne saurait dire le contraire dans la mesure où elle a demandé le report de la réunion de Doha au 28 Avril au lieu du 7 prévue antérieurement afin de donner le temps nécessaire au gouvernement soudanais pour qu’il respecte ses engagements, conformément à l’accord de Syrte du 25 Octobre en éloignant ces fantoches de la frontière et en les désarmant. L’accord de Doha fait allusion à cet accord dans sa disposition appelant les parties à « appliquer intégralement » les accords « dont elles ont été témoins et en sont les garantes ».

Cette nouvelle situation qui menace dangereusement la paix et la sécurité de la Sous région en général et du Tchad en particulier, mérite une attention urgente du Conseil pour qu’il prenne toutes les mesures qui s’imposent afin que soit mis un terme aux agressions répétées du Soudan contre mon pays qui a besoin du soutien de la communauté internationale pour préserver son intégrité, sa stabilité et la sécurité de sa population. Le conseil de sécurité ne doit plus tolérer que des milliers d’hommes dotés de centaines de véhicules soient mobilisés par le Soudan au vu et au su de tout le monde pour agresser mon pays. Le conseil doit condamner clairement le régime d’El Béchir pour ses actes d’agression répétés durant des années contre mon pays qui a trop souffert de la guerre et aspire à vivre en paix dans un état de droit et de démocratie, n’en déplaise au régime de Khartoum.

Je vous en remercie.

New York, Séance N°6121 & 6122 du 08 mai 2009.

Dimanche 10 Mai 2009
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